le 20 décembre 2019

Le commissaire aux langues officielles présente son rapport annuel 2018-2019

Fredericton, le 4 octobre 2019 – Le commissaire aux langues officielles par intérim, Michel Carrier, a présenté aujourd’hui son rapport annuel pour l’exercice 2018-2019. Alors que la province célèbre cette année 50 ans de langues officielles, Michel Carrier presse le gouvernement provincial de se donner les moyens de relever les nombreux défis qui demeurent en matière d’égalité des deux langues officielles dans la province. À cette fin, le commissaire Carrier recommande que le gouvernement crée un Secrétariat aux langues officielles.

« Au cours des 50 dernières années, nous avons accompli des progrès remarquables, a déclaré M. Carrier. Mais il nous reste beaucoup de chemin à parcourir. La vitalité de la langue française est fragile, la prestation de services bilingues dans certains hôpitaux n’est pas assurée, nos deux communautés linguistiques ne profitent pas d’une manière égale de l’immigration, l’anglais est la langue de travail privilégiée dans la fonction publique, et il faut accroître les possibilités pour les gens d’apprendre l’autre langue officielle. L’ampleur de ces défis parmi d’autres requiert que le gouvernement se dote des moyens et des ressources appropriés pour les relever. »

Dans son message, Michel Carrier rappelle qu’une enquête menée par le Commissariat en 2018 a révélé que le gouvernement provincial éprouve de grandes difficultés à mettre en œuvre le Plan d’application de la LLO, un plan visant à progresser vers une plus grande égalité dans l’usage du français et de l’anglais au Nouveau-Brunswick. Le Commissariat a conclu que l’absence de structure et l’insuffisance des ressources pour mettre en œuvre le plan expliquent cette situation.

« Comment expliquer que la seule province officiellement bilingue du pays n’ait pas un organisme gouvernemental spécifique doté des pouvoirs et des ressources nécessaires pour assurer le respect des obligations contenues dans la Charte et la Loi sur les langues officielles? demande Michel Carrier. À l’occasion du 50e anniversaire de la LLO, il est temps pour notre province d’avoir un Secrétariat aux langues officielles. »

Les obligations linguistiques d’Ambulance NB

Un chapitre du rapport annuel 2018-2019 est consacré aux obligations linguistiques d’Ambulance Nouveau-Brunswick (ANB). Le Commissariat présente une rétrospective détaillée de ses interventions dans ce dossier depuis la création d’ANB en 2007. Il y est question notamment des démarches du Commissariat pour convaincre le gouvernement provincial de ne pas mettre en œuvre la décision de l’arbitre McEvoy et de maintenir la demande en révision judiciaire de cette décision.

Le commissaire Carrier est d’ailleurs très satisfait de l’issue de ce dossier. « La Cour du Banc de la Reine a annulé la décision de l’arbitre et a clairement indiqué qu’ANB doit fournir des services de qualité égale à tous les Néo-Brunswickois, anglophones et francophones, a poursuivi Michel Carrier. La décision de la Cour nous rappelle que les droits linguistiques ne sont pas négociables. »

Plaintes et enquêtes

Au cours de l’exercice 2018-2019, le Commissariat a reçu 89 plaintes admissibles. De ce nombre, 75 plaintes portaient sur des services en français et 14, sur des services en anglais. Le rapport annuel présente plusieurs résumés d’enquêtes, notamment l’une sur l’utilisation de l’outil Facebook Live sans interprétation simultanée lors d’une conférence de presse gouvernementale, l’autre portant sur les obligations linguistiques des foyers de soins de la province. L’absence d’une politique sur l’affichage gouvernemental qui tienne compte de la composition linguistique des régions est également abordée. Le commissaire Carrier croit que l’absence d’une telle politique est une conséquence directe de l’inexistence d’un organisme gouvernemental dont la responsabilité première serait d’assurer le respect de la Loi sur les langues officielles. Le commissaire attend une telle politique depuis maintenant presque 10 ans.

Des vidéos pour célébrer le 50e anniversaire de la Loi sur les langues officielles

Le commissaire Carrier a profité de la présentation de son rapport annuel pour annoncer la diffusion prochaine d’une série de capsules vidéo sur les médias sociaux.

« Un demi-siècle de langues officielles, voilà un anniversaire remarquable, a déclaré Michel Carrier. Il faut célébrer ce qui nous rend uniques au Canada, notre statut de seule province officiellement bilingue. »

Les deux premières capsules présenteront de courts témoignages de Néo-Brunswickois de tous les horizons. Les autres capsules rendront hommage à tous ceux et celles qui ont fait l’effort d’apprendre le français ou l’anglais.

« Nos deux langues officielles sont au cœur de notre identité collective, a poursuivi M. Carrier. Les Néo-Brunswickois, anglophones et francophones, peuvent être fiers de ce qu’ils ont accompli ensemble au cours des 50 dernières années. Ces capsules sont une façon de célébrer ce succès. »

Elles ont été produites par BrainWorks de Moncton grâce à l’aide financière des gouvernements du Nouveau-Brunswick et du Canada. Elles seront diffusées au cours des mois d’octobre et de novembre 2019.

Renseignements :
Hugues Beaulieu
Directeur général
506-444-4229 ou 1-888-651-6444 (sans frais)
hugues.beaulieu@gnb.ca

le 3 juin 2019

Un groupe de travail pour accroître les retombées économiques du bilinguisme au Nouveau-Brunswick

Moncton, le 3 juin 2019 – Le Conseil d’entreprises du Nouveau-Brunswick et le Conseil économique du Nouveau-Brunswick ont annoncé aujourd’hui qu’ils formeront un groupe de travail afin d’accroître les retombées économiques du bilinguisme dans la province. Ils mettent ainsi en œuvre la principale recommandation de l’étude du Commissariat aux langues officielles du Nouveau-Brunswick, Deux langues, c’est bon pour les affaires.

Les auteurs de cette étude, l’économiste, Pierre-Marcel Desjardins, et le spécialiste en développement économique, David Campbell, ont d’ailleurs présenté une mise à jour de leur étude lors de l’annonce de la création du groupe de travail.

Deux langues, c’est bon pour les affaires présente neuf principaux avantages économiques attribuables au caractère et à la main-d’œuvre bilingues de la province. Par exemple, grâce à ses deux langues officielles, le Nouveau-Brunswick a une industrie de centres de contact avec la clientèle et de soutien administratif qui génère annuellement 1,5 milliard de dollars en revenus d’exportation et emploie plus de 15 000 personnes dans la province. Fait à noter, les personnes unilingues anglaises de la province représentent la majorité des employés de cette industrie. En effet, chaque emploi bilingue créé dans les centres de contact avec la clientèle a entraîné la création de deux emplois unilingues anglais. Parmi les autres avantages du bilinguisme, les auteurs soulignent son rôle clé dans le développement de l’industrie langagière, dans l’essor des revenus d’exportation et dans le développement de l’industrie touristique.

Les auteurs de l’étude proposent aussi des avenues pour consolider les acquis et exploiter tout le potentiel économique du bilinguisme. Enfin, ils recommandent la création d’un conseil entreprises/gouvernement pour atteindre cet objectif.

Les représentants du groupe de travail ont expliqué qu’ils veulent créer une synergie destinée à tirer davantage profit du caractère bilingue de la province. Ils ont aussi précisé que d’autres organismes pourraient se joindre à leur groupe.

Opportunités NB fournira une perspective au groupe de travail au nom du secteur du développement économique du Nouveau-Brunswick.

Citation Michel A. Carrier, commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick

Je félicite et remercie le Conseil d’entreprises, le Conseil économique et Opportunités Nouveau-Brunswick pour le leadership qu’ils ont choisi d’exercer dans ce dossier si important pour la prospérité de notre province.

Citation d’Adrienne O’Pray, PDG du Conseil d’entreprises du Nouveau-Brunswick

Le Conseil d’entreprises croit qu’il existe des possibilités encore plus grandes pour la province en termes de croissance économique encore inexploitée pour le Nouveau-Brunswick. Nous avons hâte, encore une fois, de travailler en partenariat avec le Conseil économique du Nouveau-Brunswick et Opportunités Nouveau-Brunswick afin de diversifier notre économie et de tirer parti de cet atout incroyable que représente le bilinguisme.

Citation de Thomas Raffy, PDG du Conseil économique du Nouveau-Brunswick

Le bilinguisme économique représente depuis longtemps un important dossier pour le Conseil économique du Nouveau-Brunswick et pour ses membres qui y voient un puissant levier de développement pour notre province. Comme le reconfirme cette étude, le bilinguisme de notre main-d’œuvre s’avère un atout indisputable sur lequel nous devons miser pour diversifier notre économie. Nous sommes des plus heureux de collaborer à ce groupe de travail dont les actions auront un impact réel sur notre avenir.

Citation de Stephen Lund, PDG d’Opportunités Nouveau-Brunswick

Nous reconnaissons les avantages du bilinguisme pour notre économie et son rôle important dans la stimulation des investissements du secteur privé au Nouveau-Brunswick. Nous sommes heureux que ces deux organisations travaillent ensemble à cette importante initiative.

Documentation

Infographie Deux langues, c’est bon pour les affaires

Étude Deux langues, c’est bon pour les affaires

Pour de plus amples renseignements :

Hugues Beaulieu
Directeur général 506-444-4229 ou 1-888-651-6444
Hugues.Beaulieu@gnb.ca

Donald Hammond
Vice-président par intérim Opportunités Nouveau-Brunswick
506-238-4606
Donald.Hammond@onbcanada.ca

Adrienne O’Pray
Présidente-directrice générale
Conseil d’entreprises du Nouveau-Brunswick
506-962-2575
adrienne.opray@nbbc-cenb.ca

Thomas Raffy
Président-directeur général
Conseil économique du Nouveau-Brunswick
506-857-3143
thomas@cenb.com

le 12 avril 2019

Message du commissaire aux langues officielles à l’occasion du 50e anniversaire de l’adoption de la Loi sur les langues officielles du Nouveau-Brunswick

Voilà cinquante ans, le Nouveau-Brunswick est devenu une province officiellement bilingue. Une loi a été adoptée, un mouvement d’égalité a été lancé. La Loi sur les langues officielles a transformé la province.

J’étais un jeune adulte en 1969. Je suis à même de témoigner des immenses progrès que nous avons accomplis. Aujourd’hui, au Nouveau-Brunswick, la prestation de services publics dans les deux langues officielles est généralement assurée. Nos deux communautés linguistiques disposent d’institutions distinctes pour assurer leur épanouissement. Les francophones et les anglophones sont présents dans tous les domaines d’activités et à tous les échelons de responsabilité. Et le caractère bilingue de notre province génère d’importantes retombées économiques pour tous. Que de chemin parcouru en un demi-siècle!

Ce cinquantième anniversaire doit tout d’abord être l’occasion de rendre hommage à des visionnaires : les premiers ministres Louis J. Robichaud et Richard Hatfield. Tous deux étaient animés de la même vision, soit deux communautés linguistiques égales, dynamiques et vivant en harmonie. Au cours des cinq dernières décennies, des Néo-Brunswickois anglophones et francophones ont adhéré à cette vision et, grâce à un travail acharné, ont assuré sa progression. Aujourd’hui, nous remercions tous ces intervenants, enseignants, élus, fonctionnaires, juristes et citoyens qui ont grandement contribué à faire de ce noble projet une réalité.

Signe de respect, symbole d’égalité, instrument d’unité, la Loi sur les langues officielles a contribué à faire de notre province un endroit où il fait bon vivre. Bien qu’il reste encore des défis à relever, nos succès passés nous donnent les plus grands espoirs pour l’avenir.

Le Nouveau-Brunswick est la seule province officiellement bilingue du Canada. Nous devons continuer d’être un modèle pour notre pays.

Nous avons fait tout un bout de chemin et, ensemble, nous irons plus loin. Bon cinquantième!

 

Michel A. Carrier, c. r.

le 20 juin 2018

Rapport annuel 2017-2018

Fredericton, le 20 juin 2018 – La commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick, Katherine d’Entremont, recommande la création d’un Secrétariat aux langues officielles afin d’appuyer le premier ministre dans l’exercice de sa responsabilité première : celle d’assurer l’application de la Loi sur les langues officielles (LLO), comme prévu par l’article 2 de cette loi.

La commissaire d’Entremont a formulé cette recommandation au terme d’une enquête visant le Plan gouvernemental sur les langues officielles. L’enquête a été entreprise à la suite du dépôt par le premier ministre du premier rapport d’évaluation du Plan en mars 2017. Le Commissariat a conclu que le Plan, qui doit assurer la conformité à la LLO, n’atteignait pas les objectifs fixés par la Loi.

« Le plan gouvernemental donne très peu de résultats concrets, a déclaré la commissaire
d’Entremont. « Notre enquête a révélé un obstacle de taille à la mise en œuvre du Plan : l’absence d’une structure et de ressources adéquates pour permettre au premier ministre d’assurer l’application de la Loi, y compris le Plan sur les langues officielles. D’une part, il n’existe pas de ministère ou de secrétariat des langues officielles. Il n’y a donc pas de sous-ministre s’occupant principalement de cette question. Pourtant, des postes de sous-ministre ou de sous-ministre adjoint existent pour des domaines spécifiques tels que les communications gouvernementales, les initiatives spéciales ou l’égalité des femmes. D’autre part, les fonctionnaires responsables de divers aspects des langues officielles se trouvent à des échelons peu élevés et sont répartis entre trois ministères : le Bureau du Conseil exécutif, le Conseil du Trésor et Service Nouveau-Brunswick. Il n’est donc pas surprenant que le gouvernement éprouve des difficultés à mettre en œuvre le Plan et à se conformer à la LLO. »

Dans son  rapport, le Commissariat souligne que le gouvernement sait se doter de structures et de moyens pour atteindre des objectifs précis. Le Commissariat donne l’exemple du Bureau de la gestion stratégique, une composante du Bureau du Conseil exécutif, qui appuie le travail d’un vaste réseau de fonctionnaires, appelés champions, travaillant à la réalisation des objectifs stratégiques gouvernementaux.

« L’ampleur et la portée des mesures employées par le gouvernement en matière de gestion stratégique contrastent fortement avec les faibles moyens employés pour mettre en œuvre le Plan gouvernemental sur les langues officielles et assurer la conformité à la LLO », a poursuivi la commissaire. « Pourtant, les obligations linguistiques du Nouveau-Brunswick sont inscrites dans la Constitution canadienne, ce qui n’est pas le cas des objectifs de gestion. Le Nouveau-Brunswick doit se doter d’une structure adéquate pour faire respecter la LLO et assurer la mise en œuvre du Plan sur les langues officielles. »

Bilan de la vitalité des deux langues officielles

Le rapport annuel 2017-2018 du Commissariat présente également les faits saillants d’une étude sur la vitalité du français et de l’anglais au Nouveau-Brunswick préparée pour le Commissariat par l’Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques (ICRML). Des tendances préoccupantes pour la langue française se dégagent de cette étude.

• Le pourcentage de Néo-Brunswickois de langue maternelle française a atteint un creux à 31,9 % en 2016, comparativement à 33,8 % en 1971, alors que le pourcentage de personnes de langue maternelle anglaise est resté stable à environ 65 % de la population depuis 1971.
• La dynamique inégale entre la langue minoritaire et celle majoritaire favorise l’anglicisation de certains francophones. Par exemple, 6,6 % des francophones ne parlaient plus leur langue maternelle régulièrement à la maison en 2016, comparativement à seulement 0,7 % des anglophones. L’anglicisation des francophones, qui était de 5,8 % en 2006, a donc augmenté au cours des 10 dernières années.
• Moins de la moitié (46,5 %) des fonctionnaires qui vivaient en français le parlaient aussi le plus souvent au travail en 2016. En comparaison, la quasi-totalité (95 %) des fonctionnaires qui vivaient en anglais le parlaient aussi le plus souvent au travail en 2016.
• Environ 1 immigrant récent sur 10 (11,4 %) avait le français comme première langue officielle parlée, alors que 7 sur 10 (72,0 %) avaient l’anglais à ce titre en 2016.

Les faits saillants comprennent aussi un signe encourageant pour la vitalité de la langue française. Ainsi, les francophones en couple mixte, surtout les mères, transmettent  de plus en plus le français à leurs enfants. C’est maintenant plus de la moitié (52,8 %) des enfants de mères francophones en couple mixte qui se sont vu transmettre le français comme langue maternelle, alors que ce pourcentage était de 43,8 % en 2001.

« La vitalité future de la langue française au Nouveau-Brunswick est loin d’être assurée, a poursuivi la commissaire d’Entremont. L’étude de l’ICRML nous fait prendre conscience que l’avenir d’une langue repose sur plusieurs facteurs interreliés. Il faut agir efficacement et d’une manière coordonnée sur l’ensemble des  facteurs de vitalité pour assurer l’avenir de la langue française au Nouveau-Brunswick. »

Plaintes et enquêtes

Le Commissariat a reçu 79 plaintes admissibles au cours de l’exercice 2017-2018. De ce nombre, 64 plaintes portaient sur des services en français; 15, sur des services en anglais. Par ailleurs, la commissaire a entrepris deux enquêtes de sa propre initiative : l’une portant sur le Plan gouvernemental sur les langues officielles (terminée); l’autre, sur l’application de la LLO dans les foyers de soins de la province (en cours).

Dernier rapport annuel de la commissaire d’Entremont

Katherine d’Entremont a présenté son cinquième et dernier rapport annuel. À l’aube du 50e anniversaire de la LLO, elle déclare que le Nouveau-Brunswick est arrivé à la croisée des chemins.

« Se conformer à la LLO, assurer la vitalité de la langue française, promouvoir l’emploi des deux langues officielles au travail, maintenir le poids démographique des deux communautés linguistiques officielles, tirer profit de notre bilinguisme, voilà autant d’objectifs qui doivent être atteints dans la seule province officiellement bilingue du Canada. Pour ce faire, le Nouveau-Brunswick doit résolument s’engager sur la voie du progrès. Il faut d’abord un fort leadership. Puis il faut une stratégie coordonnée, car les défis sont trop grands et trop intrinsèquement liés pour une approche décentralisée. Enfin, il faut des ressources humaines et financières appropriées. Le Nouveau-Brunswick peut et doit se donner les moyens de réaliser ce noble projet de société qu’est l’égalité de nos deux langues et de nos deux communautés linguistiques officielles.»

Pour renseignements :
Hugues Beaulieu
Directeur général
Commissariat aux langues officielles du Nouveau-Brunswick
506 444-4229

Rapport annuel 2017-2018
Fiches d’information

Recommandations de la commissaire aux langues officielles à la suite de son enquête visant le Plan sur les langues officielles

Au terme de son enquête, la commissaire formule les recommandations suivantes :

Qu’un Secrétariat aux langues officielles soit créé. Ce dernier doit être :
• placé directement sous l’autorité de la greffière et chef de la fonction publique;
• dirigé par une personne ayant le statut de sous-ministre;
• doté d’un budget et d’un effectif approprié au regard de ses responsabilités d’appuyer le premier ministre dans sa responsabilité première d’appliquer la Loi sur les langues officielles.

Que le Secrétariat aux langues officielles ait les responsabilités suivantes :
• la supervision générale de l’application de la LLO;
• la coordination du processus obligatoire de révision de la LLO;
• l’élaboration, la révision, la supervision et l’évaluation du Plan d’application sur les langues officielles;
• la prestation de conseils à toutes les parties des services publics sur l’application de la LLO;
• l’élaboration et la surveillance de l’application de la Politique sur la langue de travail et de la Politique sur la langue de service;
• la compilation et la publication des données statistiques permettant de mesurer la progression vers l’égalité d’usage du français et de l’anglais au sein des différentes parties des services publics;
• la préparation d’un rapport annuel sur l’état des langues officielles au Nouveau-Brunswick.

Faits saillants de l’étude de l’Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques

L’ÉVOLUTION DES LANGUES OFFICIELLES : STABILITÉ DE L’ANGLAIS,
MAIS LENT DÉCLIN DU FRANÇAIS

• En ce qui concerne l’évolution de la part relative des langues officielles, on constate de façon générale une stabilisation de la langue anglaise, mais un lent déclin de la langue française.
• On assiste toujours au lent recul du poids relatif de la communauté de langue française. Le pourcentage de Néo-Brunswickois de langue maternelle française a atteint un creux à 31,9 % en 2016, comparativement à 33,8 % en 1971, alors que le pourcentage de personnes de langue maternelle anglaise est resté stable à environ 65 % de la population depuis 1971.
• Il y a un recul de l’usage du français à la maison alors que l’usage de l’anglais est en hausse. L’utilisation principale du français à la maison a diminué de près de 3 points de pourcentage depuis 1981 pour s’établir à 28,6 %, alors que l’usage principal de l’anglais a quant à lui augmenté de 2 points de pourcentage, passant à 69,5 %.
• Le pourcentage de personnes utilisant régulièrement une deuxième langue à la maison est en augmentation, quelle que soit la langue, depuis au moins 2001.
• L’immigration et l’anglicisation des immigrants et de leurs enfants ont avantagé disproportionnellement la communauté de langue anglaise. L’anglicisation de certains francophones a aussi favorisé le maintien de l’anglais.

LES LANGUES AU FOYER ET LEUR TRANSMISSION : L’ANGLICISATION À LA HAUSSE, MAIS DES SIGNES ENCOURAGEANTS POUR LE FRANÇAIS

Un léger recul de la rétention du français au foyer

• Moins de 9 francophones sur 10 (86,8 %) parlaient le plus souvent leur langue maternelle à la maison comparativement à la presque totalité des anglophones (98,5 %).
• La dynamique inégale entre la langue minoritaire et celle majoritaire favorise l’anglicisation de certains francophones. Par exemple, 6,6 % des francophones ne parlaient plus leur langue maternelle régulièrement à la maison en 2016, comparativement à seulement 0,7 % des anglophones. L’anglicisation des francophones, qui était de 5,8 % en 2006, a donc augmenté au cours des 10 dernières années.
• La rétention du français diminue avec l’âge et dans le temps, si bien que la langue minoritaire passe lentement au second plan chez certains francophones, qui ne l’utilisent plus que régulièrement au lieu de la parler le plus souvent au foyer. Le français est ainsi passé au second plan à la maison chez 8,3 % des francophones âgées de 25 à 44 ans en 2016.

La transmission des langues dans les couples mixtes : la moitié des mères francophones transmettent le français

• Les parents en couple mixte transmettent beaucoup moins le français que ceux de même langue maternelle. Seuls 4 enfants sur 10 issus de couples mixtes dont un seul conjoint est francophone avaient le français comme langue maternelle en 2016.
• Les francophones en couple mixte, surtout les mères, transmettent toutefois de plus en plus le français à leurs enfants. C’est maintenant plus de la moitié (52,8 %) des enfants de mères francophones en couple mixte qui se sont vu transmettre le français comme langue maternelle, alors que ce pourcentage était de 43,8 % en 2001. On observe donc une augmentation notable de la transmission du français dans les couples mixtes, en particulier ceux dont la mère est francophone, ce qui indique une amélioration du statut de la langue minoritaire au fil du temps. Toutefois, l’écart persiste avec l’anglais et les dynamiques de transmission sont encore inégales entre les langues officielles de la province.

LA VITALITÉ DES LANGUES OFFICIELLES : L’ÉCART ENTRE L’ANGLAIS ET LE FRANÇAIS CONTINUE DE SE CREUSER

• Le nombre de personnes parlant principalement l’anglais à la maison en 2016 dépassait de 7 % le nombre de personnes de langue maternelle anglaise dans la province. En contrepartie, le nombre de personnes parlant principalement le français à la maison était inférieur de 11 % au nombre de personnes de langue maternelle française.
• Le nombre de personnes parlant au moins régulièrement l’anglais à la maison dépassait de 18 % le nombre de personnes de langue maternelle anglaise dans la province en 2016.  En comparaison, le nombre de personnes parlant au moins régulièrement le français à la maison n’était supérieur que de 2 % au nombre de personnes de langue maternelle française.
• Les deux indices montrent que la vitalité des deux langues officielles reste inégale, à l’avantage de l’anglais. L’écart de vitalité entre les deux langues officielles continue de se creuser. En 35 ans, l’écart de vitalité entre les langues française et anglaise principalement parlées à la maison est passé de 11 à 18 points.

LE BILINGUISME INDIVIDUEL STAGNE DEPUIS PLUS D’UNE DÉCENNIE

• Pratiquement 250 000 personnes se déclaraient bilingues (anglais-français) au Nouveau-Brunswick en 2016, soit le tiers (33,9 %) de la population de la province.
• Le Nouveau-Brunswick a connu la plus faible croissance du nombre de personnes bilingues (1,7 %) de toutes les provinces canadiennes entre 2011 et 2016, la moyenne nationale étant de 7,3 % au cours de la même période. Il s’agit probablement de la conséquence de la légère baisse de la population de la province, de la diminution de l’accès aux programmes scolaires d’immersion depuis 2008, ainsi que des migrations interprovinciales conjoncturelles, plus susceptibles de toucher les personnes bilingues en début et en fin de carrière lors d’un ralentissement économique comme celui qui a suivi la récession de 2008-2009. Une recherche plus approfondie serait nécessaire pour le confirmer.

• Le taux de bilinguisme stagne à 33 % depuis une quinzaine d’années au Nouveau-Brunswick. Signe encourageant, on constate une légère hausse (+0,7 point de pourcentage) du taux de bilinguisme entre 2011 et 2016.
• Les francophones représentaient les deux tiers (66,7 %) des Néo-Brunswickois bilingues en 2016, alors que les anglophones en constituaient presque le tiers (29,0 %).
• L’augmentation passée du bilinguisme chez les anglophones est surtout attribuable au fait que les jeunes des générations nées après le milieu des années 1960 ont eu accès aux programmes d’immersion. Les programmes d’immersion ont un effet durable sur le bilinguisme de la communauté de langue anglaise et, par conséquent, sur celui de l’ensemble du Nouveau Brunswick.

LES LANGUES OFFICIELLES AU TRAVAIL

Les langues officielles sur le marché du travail néo-brunswickois

• L’utilisation de l’anglais dans le monde du travail néo-brunswickois était en augmentation constante depuis 2001 (+1,3 point de pourcentage), alors que l’usage du français avait légèrement diminué (-0,3) en comparaison à 2001. Ainsi en 2016, 89,0 % des Néo-Brunswickois parlaient l’anglais au moins régulièrement au travail comparativement à 36,7 % qui parlaient le français.
• L’usage des langues officielles varie selon les secteurs économiques. L’usage principal du français était sensiblement plus élevé dans les secteurs de l’agriculture, la foresterie et la pêche (37,1 %), de la fabrication (33,0 %), des services d’enseignement (31,6 %) et des soins de santé et d’assistance sociale (28,3 %).
• À l’opposé, l’usage principal de l’anglais était plus important dans les secteurs des services publics (90,5 %), de l’immobilier (85,8 %), des services administratifs (83,8 %), du commerce de gros (83,8 %), du transport et de l’entreposage (83,2 %), de l’industrie de l’information et culturelle (80,7 %) et dans les sous-secteurs de la fabrication du papier (83,7 %), de l’extraction de pétrole et de gaz (96,7 %) et ses activités de soutien (93,8 %), ces deux derniers sous-secteurs incluant les travailleurs qui effectuent des migrations circulaires dans l’Ouest.
• Le bilinguisme au travail était plus important dans les secteurs des administrations publiques (41,2 %), des finances et des assurances (34,4 %) et du commerce de détail (27,5 %), ainsi que dans les sous-secteurs du transport aérien (42,2 %) et ferroviaire (38,7 %), des établissements du patrimoine (42,6 %), des hôpitaux (41,9 %) et des services de soins ambulatoires (33,9 %).
• Dans quelle mesure les Néo-Brunswickois qui vivent le plus souvent en français à la maison travaillent-ils aussi le plus souvent dans la langue minoritaire? Presque 70 % des francophones du Nouveau-Brunswick (69,4 %) qui parlaient le français le plus souvent au foyer le parlaient aussi le plus souvent au travail en 2016.

Une hausse du bilinguisme dans les administrations publiques

• L’utilisation du français dans les différentes fonctions publiques a connu une augmentation importante grâce à la hausse du bilinguisme au travail des fonctionnaires. Le bilinguisme au travail est ainsi passé de 35,5 % en 2001 à 41,2 % chez les employés des administrations publiques qui travaillaient dans la province en 2016.
• L’usage des langues officielles varie selon les paliers de gouvernement et les professions. Plus le palier de gouvernement était élevé, plus les employés y parlaient principalement l’anglais, au détriment du français. On retrouve aussi cette division linguistique hiérarchique parmi les professions exercées au sein des administrations publiques.
• Dans quelle mesure les fonctionnaires néo-brunswickois qui vivent principalement en français à la maison travaillent-ils aussi le plus souvent dans la langue minoritaire? Moins de la moitié (46,5 %) des fonctionnaires qui vivaient en français le parlaient aussi le plus souvent au travail en 2016 (les pourcentages étant de 72,7 % pour les fonctionnaires municipaux, de 53,8 % pour les employés provinciaux, et de seulement 35,6 % pour les fonctionnaires fédéraux). Plusieurs devaient travailler le plus souvent dans la langue majoritaire avant de pouvoir parler la langue de leur choix. En comparaison, la quasi-totalité (95 %) des fonctionnaires qui vivaient en anglais le parlaient aussi le plus souvent en 2016 (les pourcentages étant de 96,8 % pour les fonctionnaires municipaux, de 94,8 % pour les employés provinciaux, et de 94,4 % pour les fonctionnaires fédéraux).

L’IMMIGRATION ET LES LANGUES OFFICIELLES

L’immigration en Atlantique et au Nouveau-Brunswick

• De plus en plus d’immigrants s’établissent dans les provinces de l’Atlantique et au Nouveau-Brunswick, bien que les taux d’immigration y soient parmi les plus faibles au Canada. Au Nouveau-Brunswick, la poussée de l’immigration récente a contribué à faire monter le taux d’immigration provincial de 3,1 % en 2001 à 4,6 % en 2016.

Une hausse du nombre d’immigrants francophones, malgré une stagnation du nombre de nouveaux arrivants

• En 2016, les taux d’immigration au sein des deux communautés de langue officielle étaient de 5,5 % chez la majorité anglophone, mais de seulement 2 % chez la minorité francophone.
• Près de 1 immigrant sur 10 (9,6 %) vivant au Nouveau-Brunswick en 2016 était de langue maternelle française, comparativement à 4 sur 10 (41,6 %) qui étaient de langue maternelle anglaise. La proportion d’immigrants de langue maternelle française est stable depuis 2001, grâce à une croissance des effectifs d’immigrants francophones qui a été proportionnelle à la croissance de l’ensemble de la population immigrante de la province. La proportion d’immigrants de langue maternelle anglaise était cependant en déclin et s’établissait à 41,6 % en 2016, comparativement à 60,6 % en 2001, à cause de l’augmentation du nombre d’immigrants de langue non officielle.
• On observait une hausse importante (+29 %) du nombre d’immigrants de langue maternelle française (+730), qui est passé de 2 530 en 2011 à 3 260 en 2016. Cette hausse du solde d’immigrants de langue maternelle française dans la province s’expliquerait par l’arrivée de nouveaux immigrants francophones directement de l’étranger, mais aussi en provenance des autres provinces, et surtout par une meilleure rétention des immigrants francophones déjà installés dans la province.
• On ne rapportait en 2016 qu’une faible augmentation du nombre d’immigrants francophones arrivés récemment de l’étranger. Ces immigrants récents de langue maternelle française représentaient cependant plus du quart (27,5 %) des immigrants récents de langue maternelle officielle dans la province, un pourcentage qui se rapproche pour la première fois du poids démographique de la communauté francophone au Nouveau-Brunswick.

L’intégration des immigrants aux communautés de langue officielle

• La très grande majorité (94,7 %) des habitants du Nouveau-Brunswick qui sont nés à l’étranger pouvaient soutenir une conversation en anglais ou en français en 2016. En effet, seuls 5,4 % des immigrants ont déclaré ne pas connaître une des langues officielles de la province. En fait, 91,8 % des habitants de la province nés à l’étranger connaissaient l’anglais, comparativement à seulement 24,8 % qui connaissaient le français en 2016.
• L’âge des immigrants est en moyenne inférieur à l’âge moyen provincial, ce qui contribue à stabiliser la population de jeunes malgré le vieillissement de la population. Par exemple, les immigrants ne représentent que 2,0 % des francophones au Nouveau-Brunswick, mais 6,7 % des enfants de langue maternelle française de la province sont des enfants d’immigrants. En comparaison, les immigrants anglophones représentent 5,5 % des anglophones, mais c’est près de 10 % (9,6 %) des enfants anglophones au Nouveau-Brunswick qui sont issus de l’immigration.
• Lors de la diffusion des données du recensement de 2016, Statistique Canada faisait remarquer qu’à l’extérieur du Québec, c’est au Nouveau-Brunswick que les immigrants vivent le plus en français, bien qu’il y ait 5 fois plus d’immigrants qui parlent l’anglais (62,3 %) le plus souvent à la maison, qu’il y en a qui parlent le français (12,0 %) le plus souvent au foyer.
• Environ 1 immigrant récent sur 10 (11,4 %) avait le français comme première langue officielle parlée, alors que 7 sur 10 (72,0 %) avaient l’anglais à ce titre en 2016.

 

 

le 13 avril 2018

Annonce du départ à la retraite de la Commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick

Fredericton, le 13 avril 2018 – La commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick, Katherine d’Entremont, a annoncé aujourd’hui qu’elle prendra sa retraite le 22 juillet 2018.

Dans sa lettre au président de l’Assemblée législative, Mme d’Entremont écrit qu’après une carrière de 37 ans au sein de la fonction publique, dont cinq à titre de commissaire, le temps était venu pour elle d’explorer de nouveaux horizons.

« Je remercie tous les Néo-Brunswickois et Néo Brunswickoises qui font appel aux services du Commissariat », a déclaré la commissaire d’Entremont. « Leurs plaintes nous permettent de mettre en lumière les problèmes d’application de la Loi sur les langues officielles et de faire des recommandations afin d’assurer des services publics de qualité égale dans les deux langues officielles. »

Katherine d’Entremont a été nommée commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick en juin 2013. Elle présentera son cinquième et dernier rapport annuel en juin 2018.

« Protéger et promouvoir les droits linguistiques de la population néo-brunswickoise aura été pour moi l’un des aspects les plus gratifiants de ma carrière », a poursuivi Mme d’Entremont. « Je suis très fière d’avoir participé à ce noble projet de société qu’est l’égalité de nos deux langues officielles et de nos deux communautés linguistiques. »

Remarque :
La commissaire accordera des entrevues de fin de mandat seulement lors de la présentation de son rapport annuel 2017-2018 qui est prévu en juin 2018.

Renseignements pour les médias

Hugues Beaulieu
Directeur général
506-444-4229 ou 1-888-651-6444
Hugues.Beaulieu@gnb.ca

 

le 1 septembre 2017

Déclaration de la commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick, Katherine d’Entremont

En février 2016, j’ai exprimé mes vives inquiétudes quant au projet de transfert de la gestion du Programme extra-mural et de Télé-Soins à Medavie. J’ai alors déclaré : « SMU Medavie gère Ambulance Nouveau-Brunswick (ANB). Or, depuis sa création en 2007, ANB a de graves difficultés à respecter ses obligations linguistiques. Je suis donc très préoccupée par ce projet de confier à SMU Medavie la gestion d’autres programmes publics. »

Aujourd'hui, le ministre de la Santé a annoncé le transfert de la gestion du Programme extra-mural et de Télé-Soins à Medavie. Par conséquent, je demande au ministre de la Santé de nous fournir des précisions quant aux mesures prévues pour garantir le respect des droits linguistiques des citoyens et assurer la vitalité de nos deux langues officielles, notamment en ce qui a trait aux points suivants : 

  1. Outre la présence attendue d’une clause quant au respect des obligations imposées par la Loi sur les langues officielles (LLO) dans le contrat entre le gouvernement provincial et Medavie, quels sont les moyens de contrôle prévus par le Ministère pour veiller à ce que Medavie respecte en tout temps ses obligations linguistiques?
  1. Le non-respect de la LLO étant souvent lié à une planification déficiente en matière de recrutement de personnel bilingue et de formation en langue seconde pour les employés, est-ce que le Ministère exige que Medavie se dote d’un plan complet pour faire en sorte que l’organisme dispose en tout temps des effectifs nécessaires à la prestation de services bilingues partout dans la province?
  1. Chaque régie ayant une langue de fonctionnement, une partie des employés du programme Extra-Mural est supervisée, reçoit des services de ressources humaines et bénéficie de programmes de perfectionnement en français; l’autre partie, en anglais. Quelles mesures sont prévues pour garantir que les employés du programme Extra-Mural pourront continuer d’être supervisés et de recevoir des services dans la langue utilisée actuellement au sein de leur régie? 

Compte tenu des nombreux défis qu’Ambulance NB continue d’éprouver en matière de prestation de services bilingues, et ce, plus de dix ans après sa création, j’ai toujours de vives préoccupations quant au transfert de la gestion du Programme extra-mural et de Télé-Soins à Medavie. Cette initiative doit s’accompagner de mesures efficaces pour assurer une pleine conformité à la Loi sur les langues officielles et pour contribuer à la vitalité de nos deux langues officielles.  

***

Au sujet des obligations du gouvernement lorsqu’il a recours à un tiers

L’article 30 de la Loi sur les langues officielles (LLO) du Nouveau-Brunswick prévoit que  si elle fait appel à un tiers afin qu’il fournisse des services pour son compte, la province ou une institution, le cas échéant, est chargée de veiller à ce que le tiers honore les obligations linguistiques que lui impose la LLO.

La commissaire d’Entremont a déjà souligné que le gouvernement conserve toute la responsabilité en matière de respect de la LLO lorsqu’il confie à une entreprise la prestation d’un service pour son compte.

« L’article 30 de la Loi précise que le gouvernement a l’obligation de veiller à ce que le tiers honore les obligations linguistiques de la province. Cela signifie que le gouvernement ne peut pas se déresponsabiliser si le tiers ne respecte pas la Loi. »

De plus, la commissaire a exhorté  le  gouvernement à être clair avec les tiers quant aux conséquences du non-respect de la Loi sur les langues officielles.

 « Le gouvernement doit clairement indiquer à ses fournisseurs privés de services que le non-respect des obligations linguistiques peut entraîner la fin du contrat.»

Pour de plus amples renseignements :

Hugues Beaulieu
Directeur des affaires publiques et de la recherche
506-444-4229 ou 1-888-651-6444
Hugues.Beaulieu@gnb.ca

le 22 juin 2017

Dépôt du quatrième rapport annuel de la commissaire aux langues officielles du Nouveau‑Brunswick

Le 22 juin 2017 – La commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick, Katherine d’Entremont, a déposé aujourd’hui son quatrième rapport annuel. Le bilinguisme des hauts fonctionnaires est l’un des thèmes centraux du document.

Étude sur l’usage du français dans les communications entre des organismes et municipalités francophones et la haute direction de ministères et d’organismes gouvernementaux

La commissaire d’Entremont présente dans son rapport les résultats d’une étude du Commissariat sur l’usage du français dans les communications entre des organismes et municipalités francophones et la haute direction de ministères et d’organismes gouvernementaux. Un sondage mené dans le cadre de cette étude auprès de représentants d’organismes et de municipalités francophones révèle que seuls quatre répondants sur vingt et un ont indiqué que le français était toujours employé lors des rencontres avec les hauts fonctionnaires provinciaux.

La commissaire d’Entremont estime que ces résultats ne sont pas acceptables dans la seule province officiellement bilingue du Canada. Elle presse donc le gouvernement provincial de mettre en œuvre ses recommandations de 2015 portant sur l’exigence de bilinguisme pour les nouvelles nominations à des postes de haut fonctionnaire.

Agents de l’Assemblée législative

Le rapport annuel 2016-2017 du Commissariat présente aussi le résumé d’une enquête menée à la suite d’une plainte visant l’absence d’exigence de bilinguisme dans trois avis de concours pour des postes d’agent de l’Assemblée législative, notamment le poste de directeur général des élections.

L’analyse des rôles et des responsabilités de ces agents par la commissaire confirme l’absolue nécessité que les personnes nommées à ces postes soient bilingues. La commissaire note que les réponses du gouvernement provincial pour justifier l’absence d’une exigence de bilinguisme équivalent à nier le principe d’égalité des deux langues et des deux communautés linguistiques officielles du Nouveau-Brunswick.

Pour assurer la nomination de personnes bilingues à des postes d’agent de l’Assemblée législative, la commissaire d’Entremont recommande une mesure similaire à celle prise par le Parlement canadien en 2013, c’est-à-dire l’adoption d’une loi exigeant la connaissance du français et de l’anglais pour qu’une personne puisse être nommée à un poste d’agent de l’Assemblée législative. (Il faut préciser que l’enquête n’a pas traité des résultats du processus de recrutement. La commissaire n’a donc pas cherché à déterminer la capacité bilingue des personnes qui ont été retenues pour exercer ces fonctions.)

Les obligations linguistiques des cités, des municipalités et des commissions de services régionaux 

Les cités du Nouveau-Brunswick ainsi que huit municipalités et huit commissions de services régionaux ont des obligations linguistiques en vertu de la Loi sur les langues officielles.

Le rapport annuel 2016-2017 du Commissariat présente les résultats de la toute première vérification globale de leur conformité à la Loi.

Malgré quelques échecs d’obtention de service en français et en anglais, les résultats de la vérification tendent à indiquer que le public peut généralement obtenir un service municipal ou régional dans la langue officielle de son choix. Toutefois, le service en anglais est souvent supérieur au service en français.

La commissaire formule cinq recommandations pour améliorer et élargir les services municipaux et régionaux fournis dans les deux langues officielles.

Sous-financement chronique du Commissariat

La commissaire d’Entremont souligne dans son rapport annuel que le budget du Commissariat a augmenté de 3,6 % au cours des 15 dernières années alors que celui de l’Assemblée législative a augmenté de 52,4 %. À cet égard, la commissaire déplore que l’élargissement de son mandat d’enquête à une quarantaine d’associations professionnelles ne se soit pas accompagné d’une augmentation de son budget de fonctionnement.

Selon la commissaire, le sous-financement chronique du Commissariat a pour résultat de compromettre la protection des droits linguistiques de tous les Néo-Brunswickois.

Approche concertée en matière d’immigration francophone

Dans son rapport, la commissaire souligne la signature récente d’un accord Canada – Nouveau-Brunswick sur l’immigration qui renferme une annexe sur l’immigration francophone, la première en son genre. Celle-ci indique comment le Canada et le Nouveau-Brunswick collaboreront en vue d’attirer et de retenir des immigrants francophones afin de maintenir la composition linguistique de la province.

La signature de cette annexe sur l’immigration francophone réjouit la commissaire d’Entremont, qui recommandait une telle mesure depuis plusieurs années.

Plaintes déposées au Commissariat  

Durant la période allant du 1er avril 2016 au 31 mars 2017, le Commissariat a reçu 346 plaintes. De ce nombre, 114 plaintes étaient admissibles, soit 92 alléguant le manque de service en français et 22 alléguant le manque de service en anglais. À cet égard, on note une augmentation de 81 % des plaintes admissibles par rapport à l’année précédente.

Pour de plus amples renseignements :

Hugues Beaulieu
Directeur des affaires publiques et de la recherche
506-444-4229 ou 1-888-651-6444
Hugues.Beaulieu@gnb.ca

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Au sujet de la commissaire aux langues officielles

La commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick est une agente indépendante de l’Assemblée législative. Son rôle est de protéger les droits linguistiques des membres des communautés francophone et anglophone et de promouvoir l’avancement des deux langues officielles.

 

Faits saillants du Rapport annuel 2016-2017 du Commissariat aux langues officielles du Nouveau-Brunswick

Faits saillants de l’étude sur l’usage du français dans les communications entre des organismes et municipalités francophones et la haute direction de ministères et d’organismes gouvernementaux
Emploi du français

  • La grande majorité des répondants au sondage, soit 17 sur 21, a déclaré souhaiter que le français soit davantage utilisé lors des rencontres avec les hauts fonctionnaires. Ce souhait n’est pas surprenant, puisque seuls quatre répondants ont déclaré que le français était toujours employé lors des rencontres avec les hauts fonctionnaires.
  • Il existe toutefois une capacité bilingue au sein de la haute fonction publique. En effet, la moitié des répondants a déclaré que le français était employé la plupart du temps, tandis qu’un quart des répondants a indiqué que cette langue était souvent ou parfois utilisée lors des rencontres avec la haute direction.

Emploi des deux langues officielles

  • Onze répondants sur 21 ont fait état de rencontres avec des hauts fonctionnaires au cours desquelles le français et l’anglais étaient employés souvent ou parfois. Cependant, quatre répondants seulement ont assisté à des rencontres bilingues où un service d’interprétation simultanée était offert.
  • En l’absence d’interprétation simultanée, diverses pratiques ont cours. Dans certains cas, les répondants s’exprimaient en français et les hauts fonctionnaires leur répondaient en anglais. Dans d’autres cas, un fonctionnaire bilingue traduisait dans l’autre langue (généralement vers l’anglais) les propos des participants. Certains répondants ont affirmé répéter en anglais les propos qu’ils tiennent d’abord en français. D’autres emploient partiellement l’anglais lorsque la conversation porte sur des aspects techniques.
  • L’emploi des deux langues lors de rencontres où l’interprétation simultanée n’est pas offerte est souvent un prélude à une rencontre qui se déroulera finalement en anglais seulement. En effet, il n’est pas rare que les répondants basculent vers l’anglais en raison du fait que l’emploi des deux langues alourdit les échanges, car les propos en français doivent être traduits vers l’anglais.

Emploi de l’anglais

  • Près de la moitié des répondants ont indiqué que l’anglais était souvent ou parfois la seule langue utilisée lors des rencontres avec des hauts fonctionnaires.

Des communications qui ne sont pas claires

  • Plusieurs répondants ont exprimé des préoccupations quant à la clarté de leurs échanges avec les hauts fonctionnaires. Ces préoccupations découlent de deux constats : d’une part, certains hauts fonctionnaires qui se déclarent bilingues ont manifestement une maîtrise insuffisante du français; d’autre part, plusieurs répondants sont conscients que l’usage de l’anglais limite leur capacité à s’exprimer avec toute la subtilité requise par la complexité des dossiers qu’ils traitent.

Les obstacles à l’usage du français

  • L’unilinguisme d’un haut fonctionnaire ou d’un ministre est certes l’obstacle premier à l’emploi du français lors de rencontres avec la haute direction. Toutefois, ce n’est pas le seul. Ainsi, la moitié des répondants ont indiqué que le niveau de compétence en français des hauts fonctionnaires bilingues n’était pas suffisant pour des discussions approfondies en français, ce qui les amenait à se résoudre à employer l’anglais. Par ailleurs, un quart des répondants a indiqué que l’usage du français risquait d’exclure des rencontres des hauts fonctionnaires responsables d’un dossier, affectant ainsi la qualité des échanges. Dans certains cas, malgré la présence de hauts fonctionnaires bilingues, c’est la présence d’autres intervenants unilingues anglophones (par exemple des experts dans un domaine particulier) qui amène le groupe, souvent des groupes de travail, à utiliser l’anglais.

Bilinguisme des hauts fonctionnaires

  • Les répondants établissent un lien direct entre l’unilinguisme de hauts fonctionnaires et l’incapacité à utiliser le français lors de rencontres. La formation linguistique et l’exigence du bilinguisme pour les postes de haute direction sont les principaux moyens suggérés pour accroître l’usage du français.
  • La majorité des répondants ne s’attendent pas à ce que les ministres soient bilingues. Toutefois, selon eux, l’unilinguisme d’un ministre ne devrait pas empêcher des représentants d’organismes de s’exprimer en français.

 

Faits saillants de la vérification de la conformité des cités, des municipalités et des commissions de services régionaux (CSR) à la Loi sur les langues officielles
Vérification de la prestation de services en personne, par téléphone et par courriel
(Au total, chaque cité et municipalité a fait l’objet de 15 vérifications dans chaque langue; chaque commission a fait l’objet de 5 vérifications dans chaque langue.)

  • Les vérificateurs ont généralement obtenu un service dans la langue officielle de leur choix. Toutefois, le service en anglais est souvent supérieur au service en français sur le plan du délai d’obtention du service, de la qualité de la communication écrite (courriel), de la fréquence d’échecs d’obtention du service et de la prestation du service.
  • Le nombre d’échecs d’obtention d’un service dans la langue de vérification est faible. Au total, cinq échecs sont survenus lors des 240 vérifications en français auprès des cités et des municipalités. Ainsi, deux échecs sont survenus lors d’une vérification en personne aux hôtels de ville de Fredericton (1) et de Miramichi (1), deux échecs sont survenus lors d’un appel à l’hôtel de ville de Saint John (1) et de Rexton (1), et un échec est survenu lors d’une vérification par courriel auprès de la Ville de Moncton (1).
  • Il n’y a eu qu’un seul échec lié à l’obtention du service en anglais, survenu lors d’une vérification en personne à l’hôtel de ville d’Atholville.
  • Aucun échec n’est survenu lors des vérifications auprès des commissions de services régionaux (CSR).
  • L’offre active de service, c’est-à-dire l’accueil du public dans les deux langues officielles, n’est pas une pratique généralisée. En effet, lors des vérifications en personne, les vérificateurs ont été accueillis dans les deux langues officielles moins d’une fois sur deux.

Vérification des sites Web et des médias sociaux

  • Toutes les cités, municipalités et commissions respectent l’obligation de publier dans les deux langues officielles l’information affichée sur leur site Web. Toutefois, des problèmes majeurs quant à la similarité de contenu entre des pages françaises et anglaises ont été notés pour trois cités (Edmundston, Miramichi et Saint John), une municipalité (Eel River Crossing) ainsi que deux CSR (Grand Miramichi et Fundy).
  • En ce qui a trait aux billets publiés sur les médias sociaux (Facebook et Twitter), les taux de billets affichés dans les deux langues sont relativement élevés. Toutefois, plusieurs cités, municipalités et commissions n’ont pas publié tous les billets visés par la vérification en français et en anglais.

Vérification des documents officiels adoptés ou publiés entre le 21 novembre 2015 et le 21 novembre 2016

  • Toutes les cités, à l’exception de Miramichi, et toutes les municipalités, à l’exception de Charlo, ont des scores parfaits (100 %) ou très élevés (95 %) quant à la traduction des documents officiels adoptés ou publiés au cours de la période de vérification.
  • Toutes les commissions de services régionaux (CSR), à l’exception des CSR Fundy, Nord-Ouest et Grand Miramichi, affichent des taux parfaits (100 %) ou très élevés (98 %) quant à la traduction des documents officiels adoptés ou publiés au cours de la période de vérification.

 

Les cités, municipalités et commissions qui ont des obligations linguistiques en vertu de la Loi sur les langues officielles

Cités

Municipalités

(Municipalités dont la population de langue officielle minoritaire atteint au moins 20 % de la population totale)

Commissions de services régionaux (CSR)

(Commissions desservant un territoire dont la population de langue minoritaire atteint au moins 20 % de la population totale ou dont le territoire comprend une cité ou une municipalité visée par la LLO)

  • Bathurst
  • Campbellton
  • Dieppe
  • Edmundston
  • Fredericton
  • Miramichi
  • Moncton
  • Saint John
  • Atholville
  • Charlo
  • Dalhousie
  • Eel River Crossing
  • Rexton
  • Richibucto
  • Shediac
  • Tide Head
  • CSR Nord-Ouest
  • CSR Restigouche
  • CSR Chaleur
  • CSR du Grand Miramichi
  • CSR de Kent
  • CSR du Sud-Est
  • CSR de Fundy
  • CSR 11

 

le 31 mars 2017

Les commissaires linguistiques réclament des mesures concrètes quant à l’immigration francophone

Moncton, Nouveau-Brunswick – Le 31 mars 2017 – La commissaire aux langues officielles par intérim du Canada, Ghislaine Saikaley, son homologue du Nouveau-Brunswick, Katherine d’Entremont, et le commissaire aux services en français de l’Ontario, François Boileau, réitèrent aujourd’hui l’importance et l’urgence de mettre en œuvre des mesures concrètes favorisant l’immigration dans les communautés francophones en situation minoritaire.

Les commissaires linguistiques se sont joints aux ministres responsables de la francophonie canadienne et aux ministres responsables de l’immigration dans le cadre du forum fédéral-provincial-territorial sur l’immigration francophone, organisé par la Conférence ministérielle sur la francophonie canadienne, à Moncton, les 30 et 31 mars 2017.

« Il est essentiel que les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux redoublent d’efforts pour accroître l’immigration dans les communautés francophones, car le temps presse et les résultats se font attendre. Le forum ministériel représente une occasion unique pour coordonner les stratégies fédérales avec celles des provinces et territoires », a expliqué Mme Saikaley.

Des initiatives prometteuses ont été constatées depuis les interventions communes des commissaires linguistiques en 2014. La mise en place du programme Mobilité francophone, en juin 2016, est un élément positif, tout comme le leadership dont ont fait preuve les provinces et territoires en juillet dernier, lorsque les premiers ministres ont demandé au gouvernement fédéral de hausser les taux d’immigration francophone à l’extérieur du Québec.

« Sans la mise en place de plans d’action concrets et d’un échéancier, nous ne serons jamais en mesure d’atteindre la cible nationale d’immigrants francophones, surtout en Ontario. Il est donc crucial pour les divers paliers gouvernementaux de rallier leurs efforts et d’ouvrir dès maintenant la voie à l’élaboration et à la mise en œuvre de solutions pragmatiques et mesurables », a précisé Me Boileau.

Récemment publiées par Statistique Canada, les projections démographiques de la composition ethnoculturelle et linguistique de la population canadienne d’ici 2036 démontrent l’importance de l’atteinte des objectifs en matière d’immigration dans la langue officielle de la minorité linguistique dans l’ensemble du pays.

« Les communautés anglophone et francophone du Nouveau-Brunswick ont un statut constitutionnel d’égalité. Par conséquent, les politiques et programmes des deux paliers de gouvernement en matière d’immigration doivent garantir le maintien du poids démographique de la communauté francophone, qui représente un tiers de la population, a déclaré Mme d’Entremont. Pour ce faire, une collaboration accrue entre les deux paliers de gouvernement est essentielle. »

Les ombudsmans linguistiques sont d’avis que les quatre principes qu’ils avaient énoncés en 2014 pour guider l’action des gouvernements en matière d’immigration demeurent pertinents :

  • L’immigration doit contribuer au maintien, voire à l’augmentation, du poids démographique des communautés francophones au Canada.
  • Les politiques et programmes fédéraux, provinciaux et territoriaux en matière d’immigration doivent être conçus et adaptés pour répondre aux besoins de recrutement, d’accueil, d’intégration, de formation et de rétention d’immigrants francophones des communautés francophones.
  • De solides partenariats fédéral-provinciaux-territoriaux-communautaires et des stratégies à long terme sont nécessaires pour que l’immigration vienne appuyer le développement et la vitalité des communautés francophones.
  • Tous les ordres de gouvernement doivent se doter d’un cadre d’évaluation et de reddition de comptes pour mesurer les progrès réalisés et assurer l’atteinte des objectifs en matière d’immigration dans les communautés francophones.

Les commissaires ont également profité de la rencontre pour rappeler que l’engagement de tous les ordres de gouvernement est essentiel dans ce domaine de compétence partagée.

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Pour plus d’information ou pour prendre rendez-vous avec l’un des commissaires pour une entrevue, veuillez communiquer avec :

Nelson Kalil
Gestionnaire, Communications stratégiques
  et Relations avec les médias
Commissariat aux langues officielles
Téléphone : 819-420-4714
Sans frais : 1-877-996-6368
Cellulaire : 613-324-0999
Courriel : nelson.kalil@clo-ocol.gc.ca
Suivez nous : @OCOLCanada
www.officiallanguages.gc.ca

Hugues Beaulieu
Directeur des affaires publiques et de la recherche
Commissariat aux langues officielles du Nouveau-Brunswick
Téléphone : 506-444-4229
Sans frais : 1-888-651-6444 (au Nouveau-Brunswick seulement)
Courriel : hugues.beaulieu@gnb.ca
www.languesofficielles.nb.ca

Touria Karim
Chef, Communications stratégiques
Commissariat aux services en français
Téléphone : 416-847-1515, poste 107
Sans frais : 1-866-246-5262
Cellulaire : 416-906-7021
Courriel : touria.karim@csfontario.ca
Suivez-nous : @CSFOntario
www.csfontario.ca

le 20 février 2017

Êtes-vous bilingue? Cela dépend du niveau requis…

Par Katherine d’Entremont, commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick

Dans cet article, la commissaire aux langues officielles, Katherine d’Entremont, aborde la question des niveaux de compétence en langue seconde. Elle exhorte le gouvernement provincial à publier les niveaux de compétences linguistiques requis dans tous les avis de concours exigeant le bilinguisme.

Lorsqu’un poste exige le bilinguisme, on pense souvent, à tort, que cela signifie une maîtrise complète du français et de l’anglais. En fait, différents postes requièrent différents niveaux de bilinguisme. C’est la nature de l’emploi et des activités de communication connexes qui déterminent généralement les compétences exigées (parler, lire et écrire) et le niveau de compétence requis dans l’une ou plusieurs de ces catégories. 

Une question de niveaux

Le ministère de l’Éducation postsecondaire, de la Formation et du Travail du Nouveau-Brunswick (MEPFT) est responsable d’évaluer les compétences linguistiques des fonctionnaires et des candidats à des postes gouvernementaux. Pour évaluer la compétence orale dans chacune des deux langues officielles, le ministère utilise une échelle qui compte plusieurs niveaux. Voici un aperçu des principaux niveaux, préparé à l’aide de la documentation gouvernementale (voir la référence 1).

• Au niveau de base (1), la personne peut donner des directives ou des instructions simples. Ainsi, un employé de bureau pourra informer une personne qu’un agent de programme est absent et lui proposer les services d’un autre employé. 

• Au niveau intermédiaire (2), la personne peut notamment donner des explications simples et raconter des événements au passé, au présent et au futur. Par exemple, un gestionnaire sera capable d’expliquer à un collègue la marche à suivre pour embaucher un employé temporaire.

• Au niveau avancé (3), la personne peut donner des explications et des descriptions détaillées. Elle peut aussi soutenir une opinion, exprimer un point de vue et justifier une mesure. À ce niveau, un haut fonctionnaire pourra présenter les caractéristiques d’un nouveau programme à un groupe de personnes et répondre à leurs questions.

• Enfin, au niveau supérieur (4), la personne peut persuader et négocier. Elle peut nuancer son discours et s’exprimer avec subtilité. Par exemple, un avocat pourra défendre son client dans une poursuite judiciaire. Un directeur des ressources humaines sera en mesure de diriger l’équipe de négociation d’une convention collective.

Quel est mon niveau?

Au Nouveau-Brunswick, toute personne peut obtenir une évaluation de ses compétences linguistiques en communiquant avec les Services linguistiques du MEPFT (voir la référence 2).

L’évaluation de la compétence orale évalue l’habileté générale à communiquer dans des situations professionnelles et sociales. La méthode d’évaluation est la même qu’il s’agisse de l’évaluation du français ou de l’anglais. Elle consiste en une conversation téléphonique de 20 à 40 minutes entre la personne évaluée et un évaluateur certifié. Au cours de cette conversation, l’évaluateur augmente progressivement le niveau de difficulté de la conversation jusqu’à ce qu’il atteigne le niveau de compétence de la personne évaluée. Cette dernière reçoit par la suite un certificat indiquant le niveau de compétence qu’elle a atteint.

Les niveaux de compétence en langue seconde chez les élèves des programmes d’immersion et de français intensif

Au niveau scolaire, l’échelle de niveaux utilisée pour l’évaluation de la compétence orale des élèves d’immersion et de français intensif est très similaire à celle du MEPFT décrite plus haut.

À la suite de l’évaluation, chaque élève reçoit un certificat qui précise le niveau de compétence qu’il a atteint lors de son évaluation en langue seconde. Ainsi, le certificat n’indique pas tout simplement par un « oui » ou « non » si l’élève est bilingue.

Le certificat en langue seconde que reçoit un élève ne marque certainement pas la fin de son apprentissage de cette langue. En effet, parmi les élèves qui poursuivent des études postsecondaires, bon nombre d’entre eux reconnaissent aussi l’importance de perfectionner leur langue seconde au collège, à l’université ou dans d’autres secteurs d’activité. Grâce à la base solide acquise à l’école et à la poursuite de leur apprentissage, ils sont en bonne posture pour accéder aux emplois qui exigent des compétences dans les deux langues officielles, que ce soit dans le secteur public ou le secteur privé.

Emplois gouvernementaux bilingues : quel niveau de bilinguisme est suffisant?

Il y a quelques années, le Commissariat aux langues officielles du Nouveau-Brunswick a mené une étude sur le recrutement de personnel bilingue dans la fonction publique provinciale (voir la référence 3). Nous avons alors souligné que les ministères provinciaux ne publient pas le niveau de compétence requis dans les offres d’emploi exigeant le bilinguisme alors que toutes les autres compétences essentielles sont clairement indiquées. Cette pratique est pour le moins surprenante. En effet, en ne publiant pas le niveau de bilinguisme recherché, les candidats ne peuvent pas savoir s’ils ont les compétences nécessaires. Nous entendons souvent parler de candidats qui pourraient avoir les compétences linguistiques nécessaires, mais qui décident de ne pas présenter leur candidature car ils pensent, à tort, ne pas être « assez bilingues ». Ne pas publier le niveau de bilinguisme requis est l’équivalent de devoir passer un examen sans connaître la note de passage.

La pratique actuelle de ne pas publier le niveau de bilinguisme requis nuit à la transparence du processus de recrutement et laisse planer un doute sur l’équité du processus. En effet, faut-il comprendre que le niveau de compétence requis sera ajusté en fonction des candidatures reçues? Faut-il comprendre que les exigences linguistiques pourraient être modifiées afin qu’elles correspondent à un candidat qui satisfait à la plupart des exigences du poste, mais qui n’a pas le niveau de bilinguisme requis? 

Dans la fonction publique fédérale, les niveaux de compétence requis dans chacune des deux langues officielles sont clairement énoncés dans les avis de concours. Les règles sont donc claires. Il est grand temps que le gouvernement du Nouveau-Brunswick en fasse autant.

Références

1 et 2 : Évaluation des compétences linguistiques – site Web du ministère de l’Éducation postsecondaire, de la Formation et du Travail du Nouveau-Brunswick.

3 Rapport annuel de 2013-2014 du Commissariat aux langues officielles du Nouveau-Brunswick, pages 16 à 34.

le 14 novembre 2016

La commissaire aux langues officielles explique son rôle

Commentaire par Katherine d’Entremont
Commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick

En 2002, les députés de l’Assemblée législative du Nouveau-Brunswick ont adopté à l’unanimité une nouvelle loi sur les langues officielles. C’est cette loi qui a créé le poste de commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick. En ma qualité de commissaire, la Loi me confie un double mandat. D’une part, je dois enquêter, présenter des rapports et faire des recommandations visant le respect de la Loi. D’autre part, je dois promouvoir l’avancement des deux langues officielles dans la province.

Ce texte explique sommairement comment le Commissariat met en œuvre ce double mandat. Il vise aussi à donner suite au Rapport du Comité spécial de révision de la Loi sur les langues officielles de 2013, dans lequel le comité affirme souhaiter « que [la] commissaire déploie plus d’efforts pour mieux faire connaître son rôle auprès de l’ensemble de la population ».

Le respect de la Loi

Nombreux sont ceux qui décrivent le poste de commissaire aux langues officielles comme le gardien des droits linguistiques. Ils ont raison. En effet, je dois faire rapport à l’Assemblée législative afin de l’informer dans quelle mesure les institutions s’acquittent de leurs obligations en vertu de la Loi sur les langues officielles.

Les enquêtes que nous menons sont le principal moyen pour veiller au respect des droits linguistiques des Néo-Brunswickois. En effet, elles permettent de cerner les causes des situations de non-conformité à la Loi, et de recommander des mesures pour éviter leur répétition.

La majorité des enquêtes sont entreprises à la suite de plaintes du public. L’an dernier, environ le tiers des plaintes admissibles portait sur le manque de services en anglais; les deux tiers, sur le manque de services en français.

C’est toujours dans un esprit de collaboration que nous menons nos enquêtes et, règle générale, les institutions coopèrent avec nous et accueillent favorablement nos recommandations. Il y a toutefois des exceptions. Il arrive que des institutions laissent les plaintes s’accumuler contre elles ou tardent à prendre des mesures correctives pour respecter la Loi. Voilà pourquoi, en 2013, les députés ont modifié la Loi afin de permettre au commissaire de rendre publics ses rapports d’enquête et de mettre en lumière des situations récurrentes de non-respect de la Loi.

Le principe d’égalité : au cœur de nos recommandations

Nos rapports d’enquête renferment souvent des recommandations. Il faut souligner ici que nous formulons toujours des recommandations réalistes et pragmatiques afin qu’elles puissent être mises en œuvre par les institutions. Toutes les recommandations formulées par le Commissariat visent à garantir que tous les citoyens peuvent obtenir un service public dans la langue officielle de leur choix. C’est la promesse de la Loi sur les langues officielles, une promesse qui est aussi inscrite dans la Charte canadienne des droits et libertés.

La Charte renferme plusieurs éléments propres au Nouveau-Brunswick. Parmi ces éléments, il faut souligner le principe d’égalité des deux langues et des deux communautés linguistiques officielles du Nouveau-Brunswick.

Ce principe d’égalité est fondamental. Il signifie notamment que les services publics en anglais et en français doivent être de qualité égale. En d’autres mots, il est inacceptable de fournir un service de qualité moindre aux membres d’une communauté linguistique officielle de la province.

Toutes les recommandations du Commissariat visent donc à respecter ce principe fondamental d’égalité inscrit dans la Charte.

L’autre élément clé de notre mandat : celui de la promotion

En ma qualité de commissaire, je dois « promouvoir l’avancement des deux langues officielles ». Avancer vers quoi? Vers l’égalité de nos deux langues officielles. En effet, la Charte confirme « le pouvoir de la Législature et du gouvernement du Nouveau-Brunswick de favoriser la progression vers l’égalité du statut, des droits et des privilèges » de nos deux langues.

Mon mandat de promotion s’inscrit donc dans ce contexte de progression vers une égalité réelle de nos deux langues et de nos deux communautés linguistiques officielles.

Depuis mon entrée en poste en 2013, nous avons mené plusieurs activités de promotion.  Ainsi, nous avons notamment :

• renseigné les Néo-Brunswickois sur leurs droits linguistiques et les avons encouragés à exercer ces droits en produisant six fiches de renseignements à ce sujet;

• mis en lumière les avantages et le potentiel économiques du bilinguisme au Nouveau-Brunswick en publiant la toute première étude à ce sujet : Deux langues, c’est bon pour les affaires;

• souligné les pratiques exemplaires de fonctionnaires provinciaux en matière de prestation de services bilingues dans nos trois derniers rapports annuels;

• renseigné les dirigeants politiques et la population sur l’état du bilinguisme dans la province en publiant une étude sur l’évolution du bilinguisme au Nouveau-Brunswick;

• renseigné la population sur le bilinguisme officiel en publiant dans tous les quotidiens de la province un des premiers textes visant à corriger les mythes entourant les langues officielles;

• prononcé de nombreux discours à des événements de portée pancanadienne afin de promouvoir le caractère unique du Nouveau-Brunswick en tant que seule province officiellement bilingue.

Promouvoir l’avancement de nos deux langues officielles est un domaine qui me tient grandement à cœur. Naturellement, nos activités de promotion sont limitées par les ressources financières qui sont mises à notre disposition.

La reddition de comptes

Tout comme les autres hauts fonctionnaires de l’Assemblée législative, j’occupe un poste qui est indépendant du gouvernement. Je dois toutefois rendre compte de mon travail. Tous les ans, je dois préparer un rapport d’activité du Commissariat et le présenter à l’Assemblée législative. De plus, au cours des dernières années, j’ai comparu à plusieurs reprises devant des comités de l’Assemblée législative.

Il y a quelques mois, j’ai demandé de comparaître devant le comité parlementaire chargé d’examiner le travail des hauts fonctionnaires au cours d’une séance publique, et ce, pour lui présenter mon rapport annuel 2015-2016. Cette requête a été acceptée et, le 21 juin 2016, j’ai eu l’occasion de parler de plusieurs dossiers liés à mon mandat et de répondre aux questions de députés des trois partis politiques. Lors de cette comparution, j’ai aussi exprimé le souhait d’avoir des rencontres régulières avec ce comité où je peux rendre compte de mon travail.

le 18 octobre 2016

Les obligations linguistiques des associations professionnelles

Fredericton, le 18 octobre 2016 – Depuis le 1er juillet 2016, une quarantaine d’associations règlementant des professions au Nouveau-Brunswick doivent fournir leurs services en français et en anglais. Une nouvelle fiche de renseignements du Commissariat aux langues officielles décrit les droits linguistiques des gens lorsqu’ils communiquent avec ces associations.

« Les associations professionnelles exercent un rôle fondamental : celui de protéger le public en règlementant et en surveillant l’exercice des professions, a déclaré la commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick, Katherine d’Entremont. Dans une province qui compte deux communautés linguistiques officielles, les associations doivent exercer ce rôle dans les deux langues. Voilà pourquoi les députés de l’Assemblée législative ont décidé d’assujettir les associations professionnelles à la Loi sur les langues officielles du Nouveau-Brunswick. »

La fiche de renseignements précise que les membres des associations et le public ont le droit de communiquer avec les associations professionnelles et d’en recevoir les services dans la langue officielle de leur choix. Des exemples de services fournis par les associations professionnelles sont d’ailleurs présentés. En outre, le document souligne que les associations doivent informer leurs membres et le public que leurs services sont disponibles dans les deux langues – c’est ce qu’on appelle communément l’offre active de service. Par ailleurs, une personne ne peut pas être défavorisée parce qu’elle a choisi une langue officielle plutôt qu’une autre pour satisfaire à une exigence d’une association professionnelle, entre autres pour passer un examen.

La fiche liste les 43 associations professionnelles qui ont des obligations linguistiques en vertu de la Loi. Parmi celles-ci, on compte l’Association des agents immobiliers du Nouveau-Brunswick, l’Association des arpenteurs-géomètres du Nouveau-Brunswick, l’Ordre des hygiénistes dentaires du Nouveau-Brunswick, le Barreau du Nouveau-Brunswick ainsi que le Collège des médecins et chirurgiens du Nouveau-Brunswick.

Les obligations linguistiques des associations professionnelles résultent de changements apportés à la Loi sur les langues officielles par les députés de l’Assemblée législative en 2013 et en 2015. Ces changements sont entrés en vigueur en juillet dernier. Les associations ont donc bénéficié d’une période de transition de trois ans pour se préparer à leurs nouvelles obligations linguistiques.

L’entrée en vigueur des changements visant les associations professionnelles le 1er juillet 2016 a eu pour corollaire l’élargissement du mandat de la commissaire pour inclure la surveillance des associations professionnelles. « Toute personne qui croit que ses droits linguistiques n’ont pas été respectés par un organisme visé par la Loi sur les langues officielles est invitée à communiquer avec nous, a poursuivi Mme d’Entremont. Les enquêtes que nous menons et les recommandations que nous formulons  permettent d’améliorer les services dans les deux langues officielles. »

La fiche sur les associations professionnelles est la sixième d’une série sur les droits linguistiques au Nouveau-Brunswick. Des fiches portant sur les services gouvernementaux, les soins de santé, les services de police, la justice et les services municipaux et régionaux sont aussi disponibles dans la section Mes droits du site Web du Commissariat. Cette initiative s’inscrit dans le mandat de la commissaire de promouvoir l’avancement des deux langues officielles. Elle vise aussi à donner suite au Rapport du Comité spécial de révision de la Loi sur les langues officielles de 2013, dans lequel le comité affirme souhaiter « que [la] commissaire déploie plus d’efforts pour mieux faire connaître son rôle auprès de l’ensemble de la population ».

Pour de plus amples renseignements
Hugues Beaulieu
Directeur des affaires publiques et de la recherche
506-444-4229 ou 1-888-651-6444
Hugues.Beaulieu@gnb.ca

Au sujet de la commissaire aux langues officielles
La commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick est une agente indépendante de l’Assemblée législative. Son rôle est de protéger les droits linguistiques des membres des communautés francophone et anglophone et de promouvoir l’avancement des deux langues officielles.

le 14 septembre 2016

Remettons les pendules à l’heure – Mythes et réalités au sujet des langues officielles au Nouveau-Brunswick

Par Katherine d’Entremont
Commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick

Lorsqu’il est question de langues officielles, les mythes ne sont jamais bien loin. Dans le cadre de mon travail, j’entends souvent ces affirmations erronées qui sont présentées comme des faits incontestables. Qui n’a pas entendu un ou plusieurs de ces mythes? Un exemple : Tous les emplois gouvernementaux exigent le bilinguisme. Faux.

Pourquoi se soucier de ces mythes? Parce qu’ils dénaturent l’objectif de la Loi sur les langues officielles. Parce qu’ils nuisent à une compréhension mutuelle entre nos deux communautés. Parce qu’ils remettent en question ce qui est au cœur de l’identité de notre province : l’égalité de ses deux langues et de ses deux communautés linguistiques.

Il est donc important de remettre les pendules à l’heure. Voici quelques-uns des mythes sur les langues officielles que j’entends le plus souvent. Et voici les faits.

Mythe 1
Le principal objectif de la Loi sur les langues officielles est que tous les citoyens soient bilingues.

Réalité
Le bilinguisme officiel, c’est l’obligation qu’ont les organismes publics de fournir leurs services en français et en anglais. L’obligation de bilinguisme s’applique donc aux organismes publics, non aux citoyens. Par conséquent, le bilinguisme officiel permet aux citoyens de demeurer unilingues et d’obtenir un service public dans la langue de leur choix.

Mythe 2
Le bilinguisme officiel empêche les anglophones unilingues d’obtenir des postes gouvernementaux.

Réalité
Afin de pouvoir offrir des services en français et en anglais au grand public, les ministères provinciaux doivent compter un certain nombre d’employés bilingues et unilingues. Selon le ministère des Ressources humaines du Nouveau-Brunswick1 :
• 50 % des employés doivent pouvoir parler l’anglais;
• 4 % doivent pouvoir parler l’anglais ou le français;
• 41 % doivent pouvoir parler les deux langues officielles;
• 5 % doivent pouvoir parler le français.

Selon ces données, les anglophones unilingues ont accès à 54 % des emplois gouvernementaux (50 % + 4 %).

Par ailleurs, il faut se rappeler que près de 30 %2 des Néo-Brunswickois bilingues sont de langue maternelle anglaise. Ce ne sont donc pas seulement les francophones qui sont bilingues.

Mythe 3
L’exigence de bilinguisme pour des postes crée de la discrimination envers les personnes unilingues.

Réalité
Imaginons le scénario suivant : un hôpital cherche à recruter une infirmière spécialisée en santé mentale. L’offre d’emploi précise qu’une maîtrise dans ce domaine de spécialité est requise. Une personne qui détient seulement un baccalauréat en sciences infirmières pose sa candidature. Celle-ci est rejetée. Dirons-nous que l’hôpital a fait preuve de discrimination en rejetant cette candidature? Non. Le candidat n’avait tout simplement pas la formation recherchée.

Pour respecter le droit des citoyens de recevoir un service dans la langue de leur choix, certains postes exigent le bilinguisme. Cette exigence devient alors aussi importante que les autres exigences liées à la formation ou l’expérience.

En somme, exiger le bilinguisme pour certains postes ne diffère en rien de l’exigence de détenir  un diplôme particulier ou de posséder un certain nombre d’années d’expérience de travail. Il ne s’agit donc pas d’une forme de discrimination, mais plutôt d’une exigence visant une compétence essentielle.

Mythe 4
Le bilinguisme officiel est inutile, car tous les francophones du Nouveau-Brunswick parlent les deux langues officielles.

Réalité
Premièrement, près de 30 %3 des francophones du Nouveau-Brunswick ne sont pas bilingues. Deuxièmement, ce n’est pas parce qu’une personne est bilingue qu’elle veut recevoir un service en anglais. Par exemple, dans le domaine de la santé, les personnes bilingues préfèrent souvent utiliser leur langue maternelle, car elles veulent s’assurer d’être bien comprises par le personnel soignant. Par ailleurs, les francophones savent qu’il est important de vivre, de travailler et de se divertir en français pour assurer l’avenir de cette langue. Par conséquent, ils choisiront un service en français afin de contribuer à leur façon à la vitalité de leur langue.

Il faut noter que la Loi sur les langues officielles donne à chaque personne le droit d’être servie dans la langue officielle qu’elle préfère, et ce, sans égard à sa connaissance ou non de l’autre langue officielle.

Mythe 5
Le bilinguisme, c’est mauvais pour l’économie. 

Réalité
L’étude Deux langues, c’est bon pour les affaires4 a clairement établi les nombreux avantages économiques du bilinguisme. Par exemple, grâce à ses deux langues officielles, le Nouveau-Brunswick a une industrie de centres de contact avec la clientèle et de soutien administratif qui génère annuellement 1,4 milliard de dollars en revenus d’exportation pour la province. Fait à noter, cette activité économique profite plus aux personnes unilingues anglophones qu’aux personnes bilingues. En effet, les entreprises venues dans la province pour sa main-d’œuvre bilingue ont créé deux emplois unilingues anglais pour chaque emploi bilingue.

Mythe 6
Les gens ne s’attendent pas à recevoir un service gouvernemental en anglais dans les régions francophones.

Réalité
Et pourtant, ils le reçoivent. En effet, une vérification récente5 menée par le Commissariat révèle qu’il est possible d’obtenir un service gouvernemental en anglais dans toutes les régions du Nouveau-Brunswick, y compris dans la Péninsule acadienne et dans le Nord-Ouest du Nouveau-Brunswick. Ce n’est toutefois pas le cas pour les services en français. Notre vérification révèle des échecs d’obtention de services en français dans quatre régions de la province.

Mythe 7
La langue française n’est pas menacée au Nouveau-Brunswick.

Réalité
La plupart d’entre nous ont rencontré des Néo-Brunswickois dont le français est la langue maternelle, mais qui ne parlent plus ou très peu cette langue. En revanche, qui a déjà croisé un Néo-Brunswickois de langue maternelle anglaise qui ne parle plus l’anglais?

Ce constat n’est pas surprenant. Lorsque deux langues sont présentes sur un même territoire et que l’une exerce plus d’influence que l’autre, il y a toujours risque d’assimilation.

La langue anglaise exerce une grande influence en Amérique du Nord. Afin de protéger et de promouvoir la communauté francophone, des institutions culturelles et éducatives francophones sont essentielles6.

Mythe 8
La dualité divise les deux communautés linguistiques.

Réalité
Dualité veut dire deux. À cet égard, le Nouveau-Brunswick compte deux communautés linguistiques officielles : l’une francophone, l’autre anglophone. La Charte canadienne des droits et libertés précise que chaque communauté linguistique au Nouveau-Brunswick a droit à ses propres institutions éducatives et culturelles (p. ex. les écoles).

Loin de diviser, la dualité favorise en fait l’unité. Voici pourquoi : Pour s’épanouir, toute communauté linguistique a besoin de lieux où elle peut vivre pleinement dans sa langue. C’est la raison d’être des institutions culturelles et éducatives distinctes. En assurant le développement de chaque communauté, ces institutions favorisent l’égalité des deux communautés. Et l’égalité favorise l’unité.

Des institutions distinctes n’empêchent toutefois pas le dialogue entre les deux groupes linguistiques. Ils se côtoient régulièrement dans plusieurs domaines d’activité, par exemple au travail ou dans les loisirs.

Mythe 9
La création des deux régies régionales de la santé, Horizon et Vitalité, fait en sorte qu’il y a des hôpitaux francophones et anglophones.

Réalité
Tous les hôpitaux de la province doivent fournir leurs services au public dans les deux langues officielles. C’est la Loi sur les langues officielles qui le dit. Un hôpital peut adopter une langue de travail interne pour son personnel, mais cela ne change en rien ses obligations de fournir tous ses services en français et en anglais au public.

Mythe 10
Le Commissariat aux langues officielles ne s’occupe que des plaintes des francophones.

Réalité
Au cours du dernier exercice financier, environ le tiers7 des plaintes admissibles traitées par le Commissariat portait sur les services en anglais.

Le Nouveau-Brunswick compte plus d’anglophones que de francophones. Il n’est donc pas surprenant que l’obtention d’un service gouvernemental en anglais pose moins de problèmes.

Mythe 11
La commissaire peut imposer des programmes d’immersion française dans toutes les écoles de la province.

Réalité
La Loi sur les langues officielles ne s’applique pas aux institutions éducatives. Je n’ai donc pas l’autorité d’intervenir dans ce domaine. Les décisions relatives à l’immersion française relèvent uniquement du gouvernement et des conseils d’éducation de district. Par ailleurs, en ma qualité de commissaire, je n’ai pas le pouvoir d’imposer quoi que ce soit aux institutions. Mon pouvoir se limite à faire des recommandations.

Mythe 12
La commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick fixe les exigences en matière de bilinguisme officiel dans la province.

Réalité
Qui fait quoi en matière de langues officielles est souvent l’objet de confusion. Éclaircissons les choses :

• Les députés de l’Assemblée législative adoptent les lois. Ce sont donc eux qui ont, à l’unanimité, adopté la Loi sur les langues officielles.
• Le premier ministre du Nouveau-Brunswick est responsable de l’application de la Loi. L’article 2 de la Loi lui confie cette responsabilité. Le gouvernement qu’il dirige est donc responsable d’assurer l’application des différents éléments de la Loi.
• La commissaire aux langues officielles surveille l’application de la Loi par le gouvernement. Pour ce faire, je mène des enquêtes et formule des recommandations visant le respect de la Loi. Je n’ai qu’un pouvoir de recommandation; je ne peux pas imposer des mesures. La Loi me confie aussi le rôle de promouvoir l’avancement des deux langues officielles.
• Les tribunaux résolvent les différends conformément aux lois. À cet égard, il faut noter que la Loi sur les langues officielles prévoit qu’une personne qui n’est pas satisfaite des conclusions d’une enquête du Commissariat peut former un recours devant la Cour du Banc de la Reine du Nouveau-Brunswick.

Références
1 – Données pour la Partie I au 31 mars 2016, information fournie par le Ministère des Ressources humaines du Nouveau Brunswick
2 – Évolution du bilinguisme au Nouveau-Brunswick, Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques, préparé en 2014 et publié en 2015
3 – Statistique Canada, recensement de 2011
4 – Deux langues, c’est bon pour les affaires, Pierre-Marcel Desjardins et David Campbell, Commissariat aux langues officielles du Nouveau-Brunswick, 2015
5 – Conformité des ministères et organismes de la Partie I à la Loi sur les langues officielles, Rapport annuel 2015-2016 du Commissariat aux langues officielles du Nouveau-Brunswick
6 – « Si l’on essaie d’intégrer deux systèmes dont l’un est plus faible que l’autre, le déséquilibre des rapports bilatéraux fera que le processus d’intégration affaiblira encore la plus faible des deux parties. Elle finira, le cas échéant, par se fondre dans une culture économique, sociale et culturelle peu différente de celle de la partie la plus forte. » Rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques portant sur l’examen des politiques nationales d’éducation au Canada, 1976
7 – Rapport annuel 2015-2016 du Commissariat aux langues officielles du Nouveau-Brunswick