FREDERICTON (22 juin 2026) – À la suite de deux enquêtes préoccupantes, le Commissariat aux langues officielles du Nouveau-Brunswick dénonce la portée des violations à la Loi sur les langues officielles au sein de l’hôpital de Miramichi du Réseau de santé Horizon.

« J’ai été choquée d’apprendre, par l’entremise d’une plainte, qu’un membre du public unilingue francophone a été informé du décès de son père par téléphone en anglais seulement. Le manque de respect et le mépris manifestés à l’égard de la gravité des informations communiquées sont incompréhensibles. La personne a été laissée dans le doute concernant l’état de son père puisque ses droits linguistiques n’ont pas été respectés », dit Shirley MacLean, commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick.

La deuxième plainte, reçue la même journée, concernait un autre patient à l’hôpital de Miramichi qui n’a reçu aucun service en français pendant les sept premiers jours d’une hospitalisation totale de neuf jours. Frustré, ce dernier a demandé son congé de l’hôpital afin de retourner chez lui.

Les deux dossiers présentent, entre autres, des situations d’anglonormativité. C’est-à-dire, des situations où l’on présume que l’anglais est la langue dominante et, de sorte, la norme. Cela encourage la perception que la langue française n’a aucune valeur ou aucun poids. Dans le premier dossier, la superviseure qui a téléphoné le fils du patient décédé avait estimé que ce dernier avait compris l’information qui lui avait été communiquée, malgré qu’il ne parle ni ne comprend l’anglais. Dans le deuxième dossier, le patient est convaincu, après son séjour à l’hôpital, que le personnel soignant est disponible seulement pour servir les anglophones.

« Les circonstances entourant ces plaintes sont non seulement tristes, mais elles révèlent aussi un manque de respect envers les droits linguistiques des personnes concernées qui est, en réalité, cruel », indique la Commissaire MacLean. « Pour être franche, j’étais déconcertée par certaines des réponses de l’institution dans le cadre de ces enquêtes. L’institution est bien consciente de ses obligations linguistiques et des problèmes qui perdurent à l’hôpital en question, mais il semble avoir un manque flagrant de responsabilisation de la part de certains employés, notamment de la part des gestionnaires. »

Le Commissariat a constaté que les plaintes visant l’Hôpital régional de Miramichi ne cessent d’augmenter depuis les cinq dernières années malgré les nombreuses recommandations formulées par la commissaire.

« Les audits réguliers et les mesures correctives en cas de non-respect sont essentiels. Il est la responsabilité de la direction de donner l’exemple, de s’engager activement et de mobiliser l’équipe pour assurer l’application d’une politique » dit la commissaire MacLean. « Après tout, si le gestionnaire n’y croit pas, il lui sera bien difficile de convaincre les employés de son équipe non seulement à respecter la politique, mais aussi de la mettre en pratique. »

 

Les rapports d’enquêtes :

Rapport-denquete-25-26-115.pdf

Rapport-denquete-25-26-116.pdf